Culture food

Le blog Boui-Boui fête ses 4 ans

3 novembre 2019

Il y a 4 ans, je postais mon premier article sur un blog flambant neuf qui aujourd’hui me ressemble tant. Retour sur cette belle aventure, avec ses étonnements, ses réflexions, ses fiertés et des remerciements en pagaille.

Ma cantine fétiche depuis plus de 15 ans : La Maison Thaï.
Photo prise par la food-trotteuse Anne Coppin

Toujours faire confiance à son intuition

Mon entourage doutait de ce nom qu’est Boui-Boui, plutôt péjoratif et qui ne parlait pas à tout le monde. Il faut dire qu’il y a 4 ans, les médias parlaient d’avantage des établissements branchés que des bouis-bouis. De plus, la street-food parisienne avait quelques trains de retard par rapport à New-York, Osaka ou Londres. Mis à part le blog de 716lavie, dont j’admirais l’authenticité et Somanyparis et ses belles escales, il y avait une béance à combler dans la blogosphère pour parler des véritables bouis-bouis.

Ainsi, mon souhait, via le blog, était de partager les petites cantines de quartier dénichées durant mes pérégrinations, mettre en avant des cuisines peu connues et de tirer le portrait de ces restaurateurs, souvent aux parcours de vie denses et complexes. Persuadée que les baroudeurs en mal d’exotisme et aventuriers urbains pouvaient être intéressés par de tels sujets, j’ai mis de côté mes doutes, écouté ma petite voix intérieure et le 3 novembre 2015, mon blog boui-boui a été mis en ligne.

Les bouis-bouis ont désormais la cote !

En mai 2016, le médiatique dîner du président Obama dans un boui-boui au Vietnam.

J’ai simplement suivi mes passions et parlé de ce que j’aime : les gens, les rencontres, les voyages au coin de la rue et la nourriture de l’Autre, quel qu’il soit. Il s’avère que mon intuition a été bonne ! Retour à l’authenticité, mondialisation de la gastronomie ou crispation économique, ces cantoches à prix doux ont finalement beaucoup fait parler d’elles dans les médias. A ma grande surprise et pour mon plus grand bonheur on s’intéressait enfin à celles et ceux qui triment, souvent durement, pour nous servirent des plats traditionnels à quelques euros. Beaucoup de monde s’est mis à considérer de façon bien différente ces bouis-bouis, ce qui m’a confortée : « j’étais sur le bon chemin ».

« Nous avons inclus la street food pour la première fois afin de refléter la scène culinaire locale » Guide Michelin

Le chef Chan Hon Meng du restaurant de rue « Hong Kong Soya Sauce Chicken Rice and Noodle » en Juillet 2016.
Photo prise par Roslan Rahman/ AFP / Guetty images

En 2016, la restauration de rue fait son apparition dans le fameux guide rouge, avec l’ajout d’une catégorie gargotes. Le célèbre guide Michelin, pour la première fois, décerne un prix à un véritable comptoir de rue de Singapour et une opération très médiatisée met en scène l’ancien président Barack Obama dînant dans une gargote au Vietnam avec le dénicheur de bonnes adresses Anthony Bourdain. En 2017, à son tour, le guide Gault&Millau, crée une nouvelle catégorie dédiée aux « popotes relax » : cuisines de rue, cantoches et fastfood se voient enfin primées. François-Régis Gaudry lance une rubrique Boui-Boui dans son émission Très Très bon et François Simon – le critique gastronomique du Figaro – lance une « chronique Boui-Boui » en collaboration avec MylittleParis. En 2019, on continue de plus belle, Netflix sort sa série documentaire « Street-food ».

Des petites victoires

Emission « Très Très Bon » d’avril 2019, avec Mina Soundiram.

En quelques années à peine, les bouis-bouis deviennent incontournables et passent de ringards à branchés. Je ne peux que me réjouir de cet engouement et de la popularité que gagnent mes restos préférés. Cela forge un nouvel intérêt et un nouveau regard sur les cuisines régionales étrangères et particulièrement les spécialités asiatiques dont la richesse et la variété sont peu à peu défrichées. Tout naturellement, j’accueille à bras ouvert les nouvelles opportunités : je me vois interviewée par le journal Le Monde, invitée à intervenir dans l’émission Très Très bon aux côtés de la foodista Mina Soundiram, conviée à des évènements culinaires et dorénavant je reçois des sollicitations de maisons d’éditions m’incitant à critiquer leurs livres. Des petites victoires que je dois à mon instinct, une veille constante, aux rencontres, à une bonne dose de travail et surtout… à vous tous !

Et maintenant ?

Irina, de l’épicerie Pe Gustul Nostru.
Photo prise par Magali Perruchini, du blog « Les mains baladeuses« 

Je poursuis lentement et sûrement mon petit bout de chemin, avec toujours autant de joie et de convictions. La communauté de boui-boui s’aggrandit : le blog rassemble aujourd’hui 13 000 lecteurs à l’année, 1 200 abonnés sur Facebook et déjà 2 150 followers sur instagram (bien que j’ai tardé à m’y mettre). Vous êtes de plus en plus nombreux à me faire confiance pour les recommandations de bonnes adresses, à apprécier mes balades gustatives, à lire les bouquins que je vous suggère et à m’encourager lorsque je lance une carte mapstr ou des séries de portraits.

Tisser des liens durables

Je vous remercie mille fois pour vos encouragements, votre présence, vos commentaires constructifs et vos découvertes partagées. Merci à mes proches pour leur soutien au quotidien et à ceux qui n’habitent pas Paris d’attendre patiemment que je vienne dénicher des adresses chez vous. Beaucoup m’ont d’ailleurs donné le sourire en me disant que je « leur donnais à voir un autre visage de Paris et qu’ils avaient envie de re-visiter la capitale en y incorporant mes escales ». MERCI encore ! Sans vous, lecteurs et followers, je n’aurais peut être pas la même motivation à partager mes découvertes. Continuez ainsi, cela me stimule et j’ai plein d’autres projets à partager avec vous.

Merci, choukran, grazie, takk,谢谢
teşekkür ederim, thank you !

Je voudrais aussi avoir une pensée toute particulière à celles et ceux qui ont bien voulu me recevoir et ont pris le temps de m’accueillir dans leurs cuisines. Se plier au jeu de l’interview pour se livrer, souvent intimement, n’est jamais chose aisée, surtout si la barrière de la langue s’ajoute à la timidité. En 4 ans, je ne compte plus le nombre de rencontres qui se sont, au fil du temps, transformées en amitiés sincères. Certains m’ont conviée dans leur foyer, à leurs repas de familles ou festivités religieuses, ce qui m’a permis de vivre leur culture de l’intérieur et de mieux la saisir. Un enrichissement réciproque dont je suis infiniment fière et reconnaissante.

La suite pour le blog ?

Sont à venir : une newsletter, plus de portraits, des histoires de plats et d’ingrédients voyageurs et d’autres surprises. Je travaille notamment à l’élaboration de visites guidées et à l’écriture d’un livre sur les parcours de vie des restaurateurs d’ici et d’ailleurs. 
Envie d’en savoir d’avantage, de collaborer, de ne pas en louper une miette ? Faites-moi signe : contact@boui-boui.com

Reconnaissante, touchée et optimiste,
je souffle les bougies de Boui-Boui, fais un voeu
et vous dit encore une fois, chaudement : MERCI.


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