Culture food

Food Trotter Thaïlande, un guide de voyage sous l’angle du goût

20 septembre 2018

Je voudrais vous présenter un étonnant guide de voyage: Food Trotter Thaïlande. Ce livre permet de découvrir une destination touristique par le prisme de sa cuisine. Impressionnée par le travail dédié à un tel volume d’informations,  j’ai contacté son auteure, Anne Coppin, afin de lui poser des questions sur la genèse de son projet. Nous nous sommes données rendez-vous dans une gargote du XIIIème arrondissement de Paris et avons longuement échangé entre passionnées. Avec un naturel déconcertant, nous avons échangé sur nos parcours et l’importance de l’ailleurs dans nos quotidiens. Sa douceur éveillée, son regard malicieux et son esprit aventureux m’ont conquise.

Food trotter thailande presentation

Voici l’interview d’Anne Coppin,
auteure de Food Trotter Thaïlande

Anne, peux-tu nous présenter ton parcours de globe-trotteuse ?
J’ai grandi à Lille avec des parents baroudeurs. Mon père, journaliste reporter d’images, m’a transmis la passion du voyage et ma mère celle de la cuisine. Petite, lorsque nous étions en voyage familial, je retranscrivais nos journées et découvertes dans de petits carnets… anne coppin souvenir enfanceEn les relisant une dizaine d’années plus tard, je me suis rendue compte que je parlais beaucoup de cuisine et que tout était déjà là : les rencontres, les stands de nourriture et les souvenirs gustatifs. A vingt ans, je suis partie avec mon meilleur ami en camion. Munis d’une petite cuisine aménagée, on a mis le cap vers les pays de l’Est, puis le Moyen-Orient et enfin l’Afrique. Après ce road-trip d’un an, j’ai eu envie de voyager spécifiquement pour la nourriture : c’était mon moteur ! La cuisine est devenue un prétexte pour aller plus loin : repérer les produits du terroir, apprendre à les cuisiner, faire des rencontres qui ouvrent les portes, donner un coup de main en cuisine, se faire inviter dans l’intimité d’une famille, comprendre la culture de l’hôte, etc.

Qu’est ce qui fait de Food Trotter un guide original ?
C’est son angle d’approche qui fait la particularité de ce  guide de voyage. La cuisine y est un prétexte pour découvrir le pays, sa culture, son histoire, ses habitants, etc. L’originalité réside aussi dans le fait qu’il n’y pas d’adresses. J’ai préféré donner des conseils pour affûter le sens des voyageurs, plutôt que de répertorier de bonnes adresses, souvent obsolètes rapidement (parce que le propriétaire a revendu ou que le chef cuisinier n’est plus le même). Ainsi, je conseille les petites ruelles plutôt que les grandes artères, je prône les gargotes à plats uniques plutôt que les institutions aux cartes à rallonge, je donne des repères pour sortir des sentiers battus et éviter de se retrouver qu’entre touristes.
repas thailandais-anne-coppinRaconte-nous comment t’es venue l’idée d’écrire ce livre…
Il y a des années, je suis partie avec mon père en Corée : un voyage essentiellement motivé par la gastronomie. Pour préparer ce périple, j’ai cherché des guides qui parlaient de la culture culinaire coréenne et à l’époque on ne m’a renvoyé que vers des livres de recettes. Il y avait bien des introductions qui parlaient de l’histoire du pays et de sa cuisine mais ça ne se résumait qu’à quelques textes. Ca m’a sauté aux yeux, il fallait faire ce genre de guide : partir de la cuisine pour aller chercher une dimension plus intime d’un pays et parler de toutes ses facettes, en gardant le fil conducteur de l’alimentation.

Tu as lancé Umai, ta maison d’édition, peux-tu nous en parler ?
Entrepreneuse dans l’âme,  j’ai lancé Umai (délicieux, en japonais) : une micro maison d’édition dédiée à la cuisine et au voyage. En toute indépendance, j’ai lancé mon premier livre, Happy World Food, qui présente une quarantaine de destinations et 80 recettes, toutes issues de mes précédents voyages. En mai 2018 est sorti le premier né d’une série de guide de voyage culinaire : Food Trotter. Pour l’instant, Umai n’a que deux livres à son actif mais cette maison d’édition est amenée à grandir, en lançant d’autres auteurs.
vendeuse herbes fraiches thailande

« A chaque fois que j’arrive sur le sol thaïlandais
c’est mon enfance que je retrouve. »

Pourquoi avoir démarré cette collection Food Trotter par la Thaïlande ?
La Thaïlande, c’est mon pays de coeur. J’y suis allée pour la première fois lorsque j’avais douze ans et ça a été un choc sensoriel : la chaleur, les odeurs, l’humidité, cette profusion de cuisine de rue. Pour cela, Bangkok, c’est fascinant. C’est une ville trépidante, un peu stressante mais à hauteur d’enfant, c’est incroyable ! A chaque fois que j’arrive sur le sol thaïlandais, c’est mon enfance que je retrouve. Les odeurs me ramènent dans le temps et les saveurs me plongent dans mes souvenirs.
Anne coppin carnet 1991Food Trotter Thaïlande est très complet, comment tu t’y es prise pour glaner autant d’informations ?
Ce livre est alimenté (encore ce champ lexical) à la fois par mon parcours de voyageuse, mes expériences mais aussi par beaucoup de recherches. J’ai puisé dans mes erreurs et mes trouvailles pour vous les partager, je me suis inspirée de  livres, qui est un fondement historique passionnant. J’ai également passé beaucoup de temps sur les marchés, dans la rue et les campagnes pour réaliser les itinéraires culinaires et de très longues heures sur le web pour faire de la veille.

La couverture du livre est estampillée « Guide du voyageur affamé », a-t-on vraiment besoin d’avoir faim pour apprécier ton livre ?
Il y a des pays où on a tout le temps faim et c’est le cas de la Thaïlande, où nos sens sont stimulés à toute heure de la journée et de la nuit. Les Thaïs mangeant six fois par jour, ainsi il est dur de résister à un encas, une spécialité ou à un met inconnu de nos papilles. Ventre creux ou non, ce livre est destiné aussi bien au simple voyageur curieux qu’au vrai foodista, capable de faire sonner son réveil très tôt le matin pour assister à l’installation d’un marché.

Parle-nous un peu de Deliciously, l’application dont tu fais la promotion dans les premières pages de ton livre…
Comme il n’y a pas d’adresse dans Food Trotter Thaïlande, je me suis dit que je pouvais travailler sur un autre support : digital, participatif et bien plus évolutif. Deliciously est donc une application de recommandations, toujours dans l’idée de sortir des sentiers battus et de vous inciter à trouver des adresses cachées. Deliciously est la prolongation de Food Trotter, un excellent complément, qui sera toujours actualisé.

Quel est ton meilleur souvenir gustatif en Thaïlande ?
Je crois que c’est le kung pad kratiam. A chaque fois que j’arrive à Bangkok, j’y vais ! C’est une petite adresse de crevettes qui se trouve dans le quartier historique de Banglamphu, autour de Kao San Road. C’est une gargote de rue, en face d’un parking mais ça vaut le détour car les crevettes sontcrevettes food trotter thailande délicieusement caramélisées et l’ail thaï puissant.

Et ton pire souvenir gustatif en Thaïlande ?
Dans certains coins reculés de Thaïlande, j’ai goûté à des nam phriks (condiments composés de pâte de piment et de crevettes) qui, à ce jour restent non identifiés pour mon palais occidental. Il y avait des insectes broyés, des bouts d’araignées mais je ne préfère pas savoir ce qu’il y avait vraiment dedans. Même si je suis téméraire, c’est vrai que j’ai manqué d’entrainement sur ce coup là (rires).

Pour prolonger le voyage, as-tu une gargote en France à conseiller aux lecteurs de Boui-Boui ?
Oui, bien sûr. J’en ai une dans le 13ème arrondissement de Paris : Mali, située au 94 avenue de Choisy. C’est une cantine thaïe. où l’on sert des plats extrêmement proche des saveurs qu’on peut trouver là bas. Il y a plein de Thaïlandais qui viennent y manger et c’est de loin l’adresse qui m’a rappelée le plus de souvenirs olfactifs et gustatifs. Tout est délicieux, alors tentez l’aventure !


Pour aller plus loin …
Retrouvez Anne Coppin en dédicace ce jeudi 27/09/2018, à la librairie Voyageurs du monde

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